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5 arguments que l’audit interne doit faire valoir dès à présent au comité d’audit

En plein bouleversement du panorama des risques du fait de la pandémie qui a frappé le monde et que nous continuons d’affronter, on ne cesse de s’interroger sur la mobilisation des auditeurs internes pour leur organisation. Si je suis certain de notre valeur ajoutée en cette période, je reconnais qu’elle n’est peut-être pas toujours évidente à percevoir, car les auditeurs internes n’osent pas vanter leurs propres mérites devant le comité d’audit.

Pour le responsable d’audit interne, aucune autre relation n’a plus évolué en ce début de siècle que celle-là. Selon l’Audit Executive Center de l’IIA, 90 % des fonctions d’audit interne de sociétés cotées en Amérique du Nord (et 80 % dans l’ensemble) sont fonctionnellement rattachées au comité d’audit. Dans de nombreuses entreprises, ce dernier s’entretient avec le responsable d’audit interne à chacune de ses réunions. Pourtant, souvent, ces séances se limitent à un bref échange de politesses avant que les membres du comité d’audit n’entrent sans ménagement dans le vif du sujet, avec des questions du type : « Avez-vous assez de ressources ? ».

La réussite du comité d’audit dépend de l’efficacité de la fonction d’audit interne. Par conséquent, une confiance totale doit l’unir à l’audit interne et à son responsable. Cela n’est possible que s’il existe un dialogue étroit, continu et ouvert entre le responsable d’audit interne et le comité d’audit.

Bien entendu, le dialogue est le fruit d’un effort réciproque : il relève autant de la responsabilité du responsable que de celle des membres du comité d’audit. Mais les deux parties doivent être désireuses de s’entretenir dans l’optique de démontrer que l’audit interne se concentre sur les risques adéquats, notamment dans le contexte du COVID-19.
Si ni le comité d’audit ni le responsable d’audit interne ne souhaitent s’engager dans une discussion de fond ou susceptible de provoquer la réflexion, il est certain que celle-ci n’aura pas lieu. Mais au vu des enjeux, je mets les responsables d’audit interne au défi de prendre les devants et d’expliquer le rôle de la fonction dans la gestion de la crise.

Voici cinq arguments que le responsable d’audit interne devrait être en mesure de faire valoir dès à présent au comité d’audit – en veillant à se faire entendre.

1. L’audit interne a radicalement modifié son périmètre pour gérer les risques associés à la crise sanitaire et financière déclenchée par le COVID-19. Des enquêtes récentes de l’IIA et d’autres organismes confirment que les plans d’audit interne ont connu des changements radicaux au premier semestre 2020. Près de 50 % des responsables d’audit interne ont annulé certaines des missions prévues pour les remplacer dans la plupart des cas par d’autres missions destinées à remédier aux risques liés à la pandémie. Bien que les responsables d’audit interne aient déjà probablement entrepris d’expliquer à leur comité d’audit les modifications apportées, c’est une occasion unique de rentrer dans le détail et notamment de préciser si ces modifications ont été faites à la demande de la direction générale ou à l’initiative de l’audit interne.

2. L’audit interne applique une méthodologie constante pour évaluer les risques et identifier ceux qui représentent les menaces les plus significatives pour l’organisation – avant même qu’ils ne se présentent. Cela fait des années que j’insiste sur la nécessité d’auditer à la vitesse du risque. Celle-ci n’a jamais été aussi grande. L’IIA et l’International Federation of Accountants (IFAC) ont récemment publié un document intitulé Six Recommendations for Audit Committees Operating in the "New Normal" (Six Recommandations pour les comités d’audit qui doivent s’adapter à une nouvelle normalité). La première de ces recommandations est la suivante : « Rester informés : les membres du comité d’audit doivent avoir une vision et une compréhension claires des domaines de risque, et l’audit interne devrait y contribuer par des évaluations réalisées en temps utile. Dans le monde post-COVID, ces évaluations deviendront plus fréquentes, voire permanentes. »
Le comité d’audit sera rassuré de savoir que l’audit interne scrute par-delà l’horizon pour identifier les risques qu’il pourra être amené à intégrer à son périmètre. Si vous voulez creuser le sujet, je vous conseille la lecture de ce billet rédigé par mes soins en 2018 : Audit interne et risques émergents : de l’observatoire au bureau.

3. L’audit interne s’est adapté aux conditions de travail à distance, et aucun risque clé ne se trouve négligé parce qu’il ne peut être audité en personne. Pour faire face à la pandémie, de nombreux professionnels sont passés en télétravail, et les auditeurs internes n’ont pas fait exception. Or, l’adaptation à ce nouveau cadre nécessite résilience et flexibilité. Dans un livre blanc publié récemment, Building Operational Resiliency (Bâtir la résilience opérationnelle), AuditBoard liste cinq axes clés pour permettre à l’audit interne de répondre aux défis posés par la crise :

  • réévaluer les technologies porteuses ;
  • réexaminer les priorités de l’organisation ;
  • se pencher sur les inconnues ;
  • planifier pour plus d’efficience ;
  • apprendre de ses pairs.

4. Malgré les obstacles, l’audit interne continue de mettre l’accent sur la qualité. Cela peut paraître évident, mais l’audit interne ne doit pas renier son engagement de qualité ou de respect du Cadre de référence international des pratiques professionnelles de l’IIA (CRIPP). La plupart des fonctions d’audit interne ont éprouvé des méthodes complètes pour mener leurs missions. Conformément à la Norme 1300 de l’IIA, le responsable de l’audit interne doit « tenir à jour un programme d’assurance et d’amélioration qualité portant sur tous les aspects de l’audit interne ». Lorsque les éléments probants ne peuvent être examinés en personne à cause du travail à distance (comme c’est le cas dans 25 % des cas selon un sondage récent du cabinet comptable Frazier & Deeter), les règles et procédures d’audit interne doivent être mises à jour afin de s’assurer que l’audit interne puisse disposer d’une base pour formuler ses conclusions. Dès qu’il échange avec le comité d’audit, le responsable d’audit interne ne devrait pas manquer l’occasion d’insister sur l’engagement de ses équipes en faveur de la qualité, et sur les mesures prises dans le contexte actuel pour garantir l’exactitude et la mise à disposition rapide des informations produites.

5. Les impacts de la pandémie se feront sentir jusqu’en 2021. L’audit interne est déjà à pied d’œuvre pour évaluer les risques et planifier le périmètre d’audit. Enfin, l’audit interne devrait déjà se concentrer sur les risques clés pour 2021. Un dialogue permanent avec le comité d’audit permettra non seulement de garantir la bonne information de ses membres, mais aussi la prise en compte de leurs points de vue. Cette année aura été pleine de bouleversements inattendus. Bien que 2021 soit encore loin, il est probable que les risques clés perdurent, voire s’aggravent d’ici là. Parmi ces risques, on peut citer :

  • la santé et la sécurité (des collaborateurs et des clients) en lien avec le COVID,
  • la continuité d’activité,
  • l’instabilité macroéconomique mondiale,
  • une forte pression sur le chiffre d’affaires,
  • les perturbations de la chaîne d’approvisionnement,
  • la cyberfraude.

Cela fait beaucoup de recommandations pour un seul billet. Les responsables d’audit interne ont fort à faire en 2020, mais tenir le comité d’audit parfaitement bien informé devrait toujours faire partie de leurs priorités. Vous aurez remarqué que j’ai introduit cette liste en disant : « Voici 5 arguments que l’audit interne devrait être en mesure de faire valoir au comité d’audit dès à présent ». Cela implique que ce sont des choses que nous faisons déjà. Si ce n’est pas le cas, vous avez plus urgent à faire que de tenir le comité d’audit informé.
Vos commentaires sont les bienvenus.

Communication: Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, publie un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l'audit interne.