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​COVID-19 : 6 recommandations pour répondre à l’exigence d’efficacité du Comité d’Audit

La pire crise sanitaire du siècle a imposé à l’économie et à la société des défis pluriels. Chaque jour un nouveau rebondissement survient quant à l’impact de la pandémie sur notre intégrité, nos façons d’interagir, de faire du commerce, la politique et notre sécurité.

Pourtant, ce fléau implacable pourrait avoir un bienfait significatif. En effet, il a placé la gouvernance et le devoir de rendre compte sur le devant de la scène dans la mesure où il a obligé les organisations, quels que soient leur taille et leur niveau de complexité, à réfléchir longuement et avec lucidité sur leurs modes d’opérations. Cet examen – une introspection organisationnelle si je puis dire – contribue à identifier les gaspillages, à déterminer encore plus exactement les missions essentielles, à accélérer le passage aux nouvelles technologies et surtout, à mieux comprendre la façon dont nous nous gouvernons.

Avec cela en tête, l’IIA et l’IFAC (International Federation of Accountants), se sont associés afin de produire un outil important pour les comités d’audit, dans un contexte marqué par les transformations que traverse le monde. Six Recommendations for Audit Committees Operating in the “New Normal” (Six Recommandations pour les comités d’audit opérant dans le « Nouveau Normal ») propose aux administrateurs d’importants éclairages et orientations pour s’adapter au « Monde d’après ».

Kevin Dancey, directeur général de l’IFAC, et moi-même avons conjointement formulé un message aux comités d’audit. Ce dernier est clair et essentiel. Voici ce qu’indique le rapport :

Les comités d’audit doivent se montrer vigilants, agiles, disciplinés et engagés. Cela garantira la cohérence et le caractère opportun de leur compréhension de l’environnement en constante évolution dans lequel opère l’organisation, et leur permettra d’avoir confiance en leur reporting, en leur communication ainsi qu’en leur conformité avec les exigences règlementaires, législatives et éthiques.

Ces six recommandations sont conçues pour optimiser le rôle du comité d’audit dans la gouvernance, la surveillance et la création de valeur à long terme. Comme l’indique le rapport, ces attentes ne sont pas nouvelles, mais la manière et la célérité de leur mise en œuvre revêtiront une importance supplémentaire dans un futur proche.

Le rapport fournit des recommandations aux comités d’audit dans six domaines clés de responsabilité : se tenir informé, communiquer et collaborer, mettre à profit les expertises disponibles, promouvoir l’amélioration continue, avoir une pensée holistique et adopter les nouvelles technologies.

Du point de vue de l’audit interne, les responsables de services devraient prendre connaissance de ces recommandations et réfléchir à la façon dont ils peuvent aider leur comité d’audit à s’améliorer dans chacun de ces domaines, lesquels reposent tous sur la mise en place et l’enrichissement d’une relation collaborative, ouverte et honnête avec le comité d’audit.

Se tenir informé. Les comités d’audit doivent avoir une vision et une compréhension claires des zones de risque, et l’audit interne devrait y participer en fournissant des évaluations des risques opportunes. Dans le « Monde d’après », ces évaluations seront plus fréquentes, voire continues.

Communiquer et collaborer. Les responsabilités de surveillance du comité d’audit sont étendues, et elles continuent de s’agrandir. Aussi est-il essentiel que ce dernier soit en alignement avec les priorités de l’instance de gouvernance. La perspective globale sur l’organisation dont dispose l’audit interne peut aider les comités d’audit à maintenir leur alignement avec les priorités de l’instance de gouvernance et à rester informés sur des questions qui requièrent leur attention.

Mettre à profit les expertises disponibles. Se tenir parfaitement informés des réponses de la direction face aux risques, nouveaux et classiques, est une tâche fondamentale qui représente un défi pour les comités d’audit. L’audit interne compte parmi les domaines d’expertise sur lesquels lesdits comités s’appuient pour gérer cette surveillance. Il doit donc fournir une assurance indépendante et objective, non seulement sur la qualité de la gestion des risques existants par l’équipe de direction, mais aussi des éclairages et une vision prospective sur la capacité du management à anticiper et gérer les risques à venir.

Promouvoir l’amélioration continue. Une gestion des risques efficace doit prendre en compte les circonstances changeantes et l’évolution des risques. Favoriser un état d’esprit visant l’amélioration continue du traitement du risque tout en encourageant l’innovation et la création de valeur deviendra le « nouveau normal » pour les organisations qui réussissent. L’audit interne devrait fournir aux comités d’audit l’assurance, les conseils et les éclairages qui appuient un état d’esprit visant l’amélioration continue.

Penser de manière holistique. La crise du COVID-19 pousse les organisations à modifier leur mode de pensée et à améliorer leur planification, leurs opérations ainsi que leur reporting. Cela rend le travail de l’audit interne particulièrement important, dans la mesure où il doit fournir aux comités d’audit une vision exhaustive de la gestion des risques et de la gouvernance globale. Cela comprend de plus en plus des questions de durabilité, de culture, de technologie, d’éthique et de création comme de préservation de la valeur.

Adopter la technologie. La pandémie a forcé une révolution en matière de télétravail, et il est probable qu’elle perdure dans le « Monde d’après ». À tous les niveaux, ces dernières vont devoir adapter leurs processus afin de prendre en compte la distance et l’isolement. Elles devront en outre avoir recours à la technologie pour y parvenir. Ceci est particulièrement vrai pour le travail de l’audit interne. Fournir à distance une assurance quant à des processus datés et évaluer les nouveaux processus distanciels sera l’un des plus grands défis de la profession à l’avenir. L’utilisation efficace de la technologie jouera un rôle crucial. Les parties prenantes de l’audit interne, à tous les niveaux, exigeront – légitimement – qu’il n’y ait aucun relâchement dans nos services.

Même si ces six recommandations se concentrent sur le comité d’audit, elles peuvent également, et devraient, être appliquées à tous les niveaux de l’organisation. Elles favorisent la collaboration et découragent les mentalités « en silos ».

Ironiquement, même si la crise actuelle nous a contraints à un monde d’isolement et de limitations physiques, elle a également élargi nos perceptions de la gestion efficace des risques. Elle a renforcé l’idée que la communication, la collaboration et l’amélioration continue fortifient nos organisations. Elle a montré comment l’engagement envers une gouvernance solide crée de la valeur durable à long terme.

Comme toujours, je me réjouis de lire vos réactions.

Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, écrit un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l’audit interne.