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Global Institute of Internal AuditorsBreadcrumb SeparatorKnowledge and ResearchBreadcrumb SeparatorChambers Blog (French)Breadcrumb SeparatorDe l’importance des conseillers de confiance dans la création de liens.

​De l’importance des conseillers de confiance dans la création de liens.

Le 13 Fevrier 2017

Il semble que quel que soit l’endroit où l’on pose le regard, la confiance fasse défaut. Les investisseurs peinent à garder confiance dans les marchés financiers, les citoyens rechignent à faire confiance aux politiques, la gauche se méfie de la droite et inversement. Une méfiance inopportune s’installe à nouveau entre les États-nations traditionnellement opposés.

La confiance, définie comme « la croyance en la fiabilité, la vérité, la capacité ou la force de quelqu’un ou quelque chose », est pourtant ce qui permet à l’économie et aux gouvernements de traverser les passages les plus difficiles.

Cela peut sembler hors de propos à l’heure où la politique partisane et le clivage de la psyché américaine génèrent tension et incertitude. Les États-Unis ne sont pas les seuls. Déclenchés par le vote du Brexit, les mouvements nationalistes progressent en Grande-Bretagne, en France et ailleurs.   Comme je l’ai déjà écrit, ces derniers reflètent le mécontentement engendré par les défis économiques et les problèmes de sécurité.

Ces mouvements populistes peuvent entraîner une importante volatilité de l’économie et des risques auxquels les entreprises et les gouvernements doivent être en mesure de faire face. Toutefois, je suis convaincu que le rétablissement de la confiance contribuera substantiellement à l’allègement des pressions politiques et sociales qui alimentent ces mouvements.

Dans ce contexte, être conseiller de confiance n’a pas de prix. Les auditeurs internes, en particulier, font tout leur possible pour gagner la confiance des personnes qu’ils auditent et auxquelles ils reportent.

L’année dernière, j’ai passé beaucoup de temps à analyser ce qui suscite la confiance des dirigeants. J’ai particulièrement porté mon attention sur les traits de caractère des auditeurs internes ayant gagné leurs galons de conseiller de confiance. Le fait de devenir conseiller de confiance auprès du comité exécutif et de la direction est un objectif certes ambitieux, mais trop rarement atteint.

Ce constat m’a encouragé à rassembler des données sur la façon dont les meilleurs auditeurs internes deviennent conseillers de confiance. J’ai d’abord élaboré une liste des traits de caractère identifiés pendant plus de 40 ans au sein de la profession d’audit interne. Durant cette période, j’ai pu m’inspirer d’une poignée de responsables de l’audit interne (RAI) ayant atteint le statut de conseiller de confiance. Et j’ai aussi pu observer que nombre de RAI, disposant pourtant des compétences techniques nécessaire, n’ont jamais gagné la confiance de leurs parties prenantes.

J’ai ensuite confronté ma liste de 13 caractéristiques auprès de plus de 250 RAI expérimentés, auxquels j’ai demandé d’évaluer les qualités essentielles des conseillers de confiance. La liste obtenue n’est pas surprenante: résilience éthique, concentration sur les résultats, curiosité intellectuelle, communication dynamique, entre autres.

Cette enquête, complétée par des entretiens en tête-à-tête avec plusieurs des RAI ayant répondu au questionnaire, a finalement débouché sur la publication de « Trusted Advisors: Key Attributes of Outstanding Internal Auditors ». Je pense que mon livre, le deuxième publié par the Internal Audit Foundation, donne une réelle analyse de ce qui fait un véritable conseiller de confiance.

Si l’on reprend la définition de confiance — la croyance en la fiabilité, la vérité, la capacité ou la force de quelqu’un ou quelque chose —, il est aisé de voir comment les qualités des conseillers de confiance correspondent à cette dernière.

Comment la confiance va-t-elle nous aider à sortir de cet imbroglio politique et social?

La confiance commence en tissant des relations et en montrant une volonté de comprendre les autres.  Alors que la politique partisane et les cultures organisationnelles douteuses alimentent les divisions, c’est sur l’honnêteté, la communication et l’empathie qu’il faudra s’appuyer pour combler les brèches.  Dans le chapitre dédié à la résilience éthique dans Conseillers de confiance, j’évoque la façon dont l’honnêteté et l’empathie se complètent pour s’extraire des situations complexes.

« Il est souvent demandé aux auditeurs internes de faire passer des messages difficiles ou qui dérangent. Impossible d’y échapper. Mais si l’on ajoute l’empathie à l’honnêteté, il devient possible de transmettre ces messages avec la sensibilité nécessaire eu égard aux inquiétudes et aux priorités d’autrui. Il ne s’agit pas seulement de gentillesse élémentaire, mais de rendre le message acceptable et susceptible d’être envisagé de façon constructive.

Il peut paraître naïf de penser qu’un engagement à instaurer la confiance mettra en échec ce qui menace de bouleverser des décennies de coopération politique, économique et culturelle. Je crois qu’il n’en est rien. Après tout, les caractéristiques de la confiance constituent la base d’un bon gouvernement, d’une bonne entreprise et de l’ordre social que nous souhaitons tous.

Comme toujours, vos commentaires sont les bienvenus.

Richard Chambers

Information:

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog un article traitant de sujets d’actualité liés à l’audit interne.