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En Europe, les auditeurs internes identifient déjà les risques de 2021

L’année 2020 aura été particulièrement difficile et disruptive et à l’aube du dernier trimestre, les responsables d’audit interne partout dans le monde attendent 2021 avec une certaine impatience. Si la pandémie de COVID-19 nous a appris au moins une chose, c’est que des risques inédits peuvent émerger à la vitesse de l’éclair et gravement affecter nos organisations et nos vies.

Se faire une idée du panorama des risques en 2021 est particulièrement difficile, surtout parce que la maladie continue de faire rage dans de nombreuses régions du monde et que les alertes se multiplient concernant une deuxième et potentiellement une troisième vague du virus tueur. Par chance, le rapport Risk in Focus 2021: Hot Topics for Internal Auditors donne à lire des points de vue utiles pour envisager l’année qui vient. Parution annuelle, ce rapport a été publié le mois dernier par l’ECIIA (European Consortium of Institutes of Internal Auditors).

Sans surprise, il examine l’impact à grande échelle de nombreuses zones de risques de la santé et sécurité à la cybersécurité en passant par les autres préoccupations habituelles.  Les responsables d’audit interne, les membres des comités d’audit et d’autres experts mobilisés dans le cadre d’entretien bilatéraux et/ou de sondages quantitatifs aux fins de ce même rapport ont pourtant érigé la cybersécurité et la protection des données ainsi que les évolutions de la réglementation et la conformité aux deux plus hauts rangs des risques principaux pour 2021 ; soit le même duo qu’en 2020.

Cela ne signifie pas pour autant que le COVID-19 n’a pas modifié le panorama des risques. En effet, les données collectées ont montré une forte augmentation du nombre des sondés qui considèrent que, faisaient partie des risques majeurs : santé et sécurité ; risques financiers, de capitaux et de liquidité ; changement climatique et protection de l’environnement ; gestion des talents et du capital humain.

 
Bien que la proportion de responsables d’audit interne l’ayant rangé parmi le top 5 des risques principaux soit inférieur en comparaison, on observe tout de même une croissance significative de la santé et sécurité dans leurs préoccupations, de 10 % en 2020 à 17 % en 2021. À mon avis, c’est un indice que les répondants s’inquiètent d’une part de l’incertitude qui entoure les impacts à long terme de la pandémie et d’autre part des défis relatifs à la sécurité qu’impliquent les efforts pour ramener tout ou partie des équipes sur leurs lieux de travail habituels.

La recrudescence du télétravail a également complexifié les risques relatifs à la gestion des talents dans la mesure où ce phénomène a fondamentalement altéré la perception du contrat de travail par les organisations et les collaborateurs. Le rapport indique :

« De nouvelles modalités de travail et d’organisation du personnel avaient déjà émergé ces dernières années ; la tendance étant à davantage de flexibilité en matière d’aménagement du temps de travail et à une plus grande autonomie pour s’adapter au changement d’attitude des nouvelles générations à l’égard du travail. La pandémie a servi d’accélérateur à cette évolution progressive en forçant la généralisation du télétravail presque instantanément.

La crise sanitaire a favorisé une autre tendance sur les marchés, à savoir l’avantage concurrentiel des entreprises ayant développé des capacités numériques exemplaires, avantage qui accroît la pression à laquelle doivent faire face les entreprises concurrentes pour rester dans la course. Cela impliquera de recruter des talents sur un marché déjà très compétitif. Parallèlement, les questions d’égalité sociale et de diversité étaient au cœur du débat public en 2020, ce qui a plus que jamais placé au centre de l’attention les politiques des entreprises en matière d’éthique et de gestion du personnel, ainsi que l’égalité des sexes et leur représentation.

Il s’agit d’un risque complexe qui comprend des impacts qui interfèrent avec les priorités stratégiques comme la transition numérique, les innovations de rupture et la diversité. Cette complexité et ces impacts présenteront dorénavant d’épineux défis.

L’impact calamiteux de la pandémie sur l’économie mondiale a propulsé les inquiétudes relatives aux risques financiers, de capitaux et de liquidité quasiment au sommet de la liste. Les leaders d’audit l’ayant rangé parmi les cinq risques majeurs pour 2021 représentaient 42 % des interrogés, contre 30 % en 2020 ; soit la plus hausse la plus impressionnante observée tous risques confondus. Cette question de constituer un enjeu durable et particulièrement problématique. En effet, l’instabilité économique et la nette probabilité d’une récession mondiale menacent la viabilité financière de beaucoup d’organisations.

Bien que l’augmentation soit moins spectaculaire pour le changement climatique et protection de l’environnement, il a lui aussi obtenu une plus grande place dans les préoccupations des répondants, ces derniers l’ayant catégorisé comme l’un des cinq risques principaux, en passant de 14 % en 2020 à 22 % en 2021. Seuls 8 % des responsables d’audit interne l’avaient rangé dans le top 5 en 2019.

Un autre éclairage fort fourni par l’ECIIA dans le Risk in Focus 2021 consiste à comparer les cinq risques principaux identifiés avec la proportion des efforts fournis par les fonctions d’audit interne à leur égard. Les données mettent en avant certaines zones potentiellement problématiques. Bien que l’audit interne passe un temps considérable à se concentrer sur les deux premiers risques (la cybersécurité et la protection des données ainsi que les évolutions réglementaires et la conformité), ces fonctions consacrent également un temps significatif à la gouvernance et au reporting ainsi qu’à la corruption, la fraude et autres actes de criminalité financière.

 
À mesure que la propagation du coronavirus continue de remodeler le panorama des risques, les auditeurs internes doivent être à l’affût des changements dont leur organisation a besoin et rebondir pour y répondre rapidement et efficacement. Les rapports comme le Risk in Focus 2021 fournissent des éclairages opportuns et créateurs de valeurs pour nous aider à rester concentrer sur la meilleure façon de servir nos parties prenantes et apporter de la valeur à nos organisations.

Comme toujours, je me réjouis de lire vos réactions.

Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, écrit un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l’audit interne.