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​L’audit interne doit aussi surveiller l’éthique du PDG.

Je lisais récemment l’étude « CEO Success » de Strategy &, la filiale de PwC, qui chaque année analyse la performance des directeurs généraux et j’ai été sidéré par une statistique qui en dit long. En 2018, le nombre de démissions de DG causées par des fautes d’éthique a dépassé le nombre de celles engendrées par une mauvaise performance financière ou des conflits avec leur conseil d’administration. C’est inédit depuis la première publication de cette étude il y a maintenant 19 ans.

J’ai été franchement perturbé par ces résultats. Après tout, cela fait des années que je soutiens la position de l’IIA, qui est que l’audit interne doit avoir un rattachement hiérarchique direct au DG. Mais si maintenant ces mêmes DG se font limoger en masse pour des questions d’éthique, quelles sont les répercussions sur les missions importantes que l’audit interne est censé accomplir en totale indépendance ?

Après réflexion cependant je me suis posé quelques questions sur l’étude de PwC. Les DG sont-ils devenus moins respectueux de l’éthique spécifiquement en 2018 ? Y a-t-il une épidémie de comportements abusifs dans les bureaux des DG ? La recrudescence des licenciements liés à des questions d’éthique vient en partie du mouvement #MeToo, qui a attiré l’attention sur les abus des dirigeants. Les investisseurs et les autorités réglementaires exigent davantage de redevabilité de la part des membres des conseils d’administration, qui sont poussés à renforcer leur supervision. Si mes théories sont correctes, quelles conclusions les auditeurs internes doivent-ils tirer de ces développements ?

Le comportement éthique des auditeurs internes devrait être une évidence. J’ai décrit l’éthique comme le « minimum vital » pour ceux qui veulent exercer notre noble profession. Dans mon deuxième livre, Trusted Advisors: Key Attributes of Outstanding Internal Auditors. (Conseillers de confiance : attributs principaux des auditeurs internes d’exception) j’ai même identifié la résilience éthique comme la caractéristique n° 1 des dirigeants de l’audit interne.

Les auditeurs internes d’exception vont plus loin que la simple adhésion à l’éthique ; ils sont des modèles de conduite éthique dans toutes leurs actions, en faisant preuve de résilience même lorsque la défense de l’éthique n’est pas une prise de position populaire.

Mais mon propos essentiel ici n’est pas le comportement modèle des auditeurs, mais bien la surveillance, par les auditeurs, de l’éthique au sein de l’organisation ; y compris dans le bureau du DG. Les auditeurs internes sont bien placés pour comprendre et surveiller l’éthique et ont une obligation de dénoncer les comportements qui y contreviennent, quel que soit le niveau de la hiérarchie.

Certains des plus grands triomphes de la profession sont à mettre au crédit d’auditeurs internes qui ont dénoncé ces comportements, comme par exemple Cynthia Cooper à WorldCom. Je connais personnellement un grand nombre de ces auditeurs internes qui ont agi avec le même courage. Pour être clair, il s’agit ici bien plus que de l’audit à la « je t’ai eu ». Il s’agit ici de bien plus que d’auditeurs internes qui jouent du sifflet quand des cadres brûlent un « feu rouge éthique ». Le leadership éthique est le fondement d’une gouvernance exemplaire qui reflète ces valeurs de base qui font la grandeur de l’audit interne — la redevabilité, la transparence et l’honnêteté.

Pour promouvoir les comportements éthiques dans leur organisation, les auditeurs internes devraient profiter de cette émergence à laquelle nous assistons d’un environnement qui encourage une redevabilité accrue. Cela implique d’être prêts à dénoncer les problèmes dès les premiers signes avant coureurs. Pour citer un passage de Trusted Advisors:

Les auditeurs internes les plus efficaces sont ceux qui ont assez de courage pour lancer les alertes avant même que les problèmes ne se concrétisent. Ils repèrent les problèmes dès leur formation, font part de leurs inquiétudes, et prennent position pour s’assurer de la prise de mesures adéquates.

Je souligne également dans le livre que l’audit interne doit s’efforcer de bâtir des relations, et construire sa crédibilité au sein de l’organisation pour y être considéré comme un conseiller de confiance. Un des avantages évidents de ce statut de conseiller de confiance est d’être pris au sérieux lorsque nous prévenons l’organisation que des malversations ou des désastres sont imminents. Sans confiance, les conversations relatives au comportement éthique peuvent devenir difficiles ou polarisantes.

Mais la possibilité d’un conflit ne devrait jamais décourager les auditeurs internes de donner l’alerte quand ils soupçonnent un comportement contraire à l’éthique. Les paroles de Maggie Kuhn, la fondatrice du groupe de défense des droits des personnes âgées « The Gray Panthers » (Les panthères grises) articulent clairement le courage dont doivent faire preuve les défenseurs du comportement éthique :

Abandonner tout attachement à la sécurité. Soyez prêts à payer de votre personne. Confrontez ceux ou celles que vous craignez et dites-leur ce que vous pensez, même si votre voix tremble.

Comme toujours, je me réjouis de recevoir vos commentaires.

Communication externe :

Richard F. Chambers, est présidente et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) et publie chaque semaine un blog traitant des sujets d'actualité liés a l'audit interne.