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L’IIA adopte une approche raisonnée de la gouvernance d'entreprise

La dernière décennie a été marquée par des scandales impliquant des entreprises avec une régularité embarrassante. Qu'il s'agisse de manœuvres de détournement du cadre réglementaire, de fausses déclarations financières ou de dirigeants au comportement répréhensibles, chacune de ces situations est l’illustration que quelque chose a terriblement mal tourné.

Le réflexe naturel lorsqu'un tel scandale éclate consiste malheureusement à chercher un coupable. J'ai souvent écrit au sujet de mon angoisse de la question « Où étaient les auditeurs internes ?» dans cette quête du blâme. J'ai abordé cette question dans un article de 2016.

Conclure que l'audit interne aurait pu prévenir une défaillance revient souvent à reprocher au défenseur d’une équipe de football d'avoir été mis sur la touche ou à un gardien d'avoir encaissé un but, sans tenir compte de la prestation des autres membres de l'équipe.

Le fait est que même les fonctions d'audit interne les plus performantes du monde ne peuvent donner l’assurance absolue que tous les risques sont vraiment maîtrisés et que tous les contrôles internes sont conçus et mis en œuvre efficacement. Nous ne pouvons pas évaluer tous les risques, et nous ne pouvons pas être partout à la fois.

En définitive, l'audit interne, quelle que soit son efficacité, ne peut garantir la réussite financière d'une organisation, pas plus que sa viabilité à long terme ou sa santé éthique et culturelle. Il doit faire partie d'un mécanisme de gouvernance d'entreprise étendu qui définit l’appétence au risque, coordonne des stratégies opérationnelles, fixe des limites éthiques et apporte une assurance indépendante et objective.

Je soulève cette question aujourd'hui parce que l'IIA va bientôt publier les résultats de son tout premier American Corporate Governance Index (ACGI). Cet indice annuel, élaboré en partenariat avec le Neel Corporate Governance Center de l'Université du Tennessee, offrira pour la première fois aux sociétés cotées en bourse aux États-Unis une véritable analyse et une évaluation de leur gouvernance.

Je m'inquiète depuis longtemps du fait que la valeur de la bonne gouvernance d'entreprise est sous‑estimée et je pense que les scandales qui heurtent notre sensibilité et érodent la confiance que nous plaçons dans les entreprises et marchés publics sont tout simplement le signal d'un problème plus large. L'ACGI présente des éclairages et des perspectives utiles qui permettront de vérifier si mes préoccupations sont fondées ou non.

Nous devrons attendre jusqu'au mois prochain pour connaître les détails des premières conclusions de l'ACGI, mais je peux vous dévoiler les bases à partir desquelles il a été construit. Il s'agit des Guiding Principles of Corporate Governance(Principes directeurs en matière de gouvernance d'entreprise). Ces principes ont également été élaborés en collaboration avec le Neel Corporate Governance Center et se basent sur une compilation de différents points de vue d'experts non seulement des États-Unis mais aussi du reste du monde. Ces huit principes ont servi à l'élaboration d'un questionnaire pour l'indice, dans laquelle les sociétés ont reçu une « note » globale en fonction de leur performance par rapport aux critères de chaque principe. Les huit principes directeurs de la gouvernance d'entreprise sont :

Principe n° 1 - Une gouvernance d'entreprise efficace nécessite une interaction régulière et constructive entre les principales parties prenantes, le conseil d'administration, la direction, l'audit interne, les juristes, l'audit externe et les autres conseillers.

Principe n° 2 - Le conseil d'administration doit veiller à ce que les principales parties prenantes soient identifiées et, le cas échéant, à ce que leurs avis soient régulièrement sollicités pour vérifier que les politiques de l’entreprise répondent leurs besoins et attentes.

Principe n° 3 - Les membres du conseil d'administration doivent œuvrer dans l’intérêt supérieur de l’organisation et des actionnaires tout en conciliant les intérêts des autres principales parties prenantes, internes et externes.

Principe n° 4 - Le conseil d'administration doit veiller à ce que l’organisation poursuive une stratégie durable axée sur la performance et la valeur à long terme.

Principe n° 5 - Le conseil d'administration doit garantir une culture d'entreprise saine, surveiller et évaluer régulièrement la culture et les valeurs fondamentales de l'organisation, évaluer l'intégrité et l'éthique de la direction et, si cela est nécessaire, faire les ajustements qui s'imposent dans le but de corriger d'éventuels décalages entre les objectifs de l’organisation et sa culture.

Principe n° 6 - Afin de recevoir en temps opportuns une information complète, pertinente, précise et fiable qui lui permette d’assurer une supervision efficace, le conseil d'administration doit s'assurer que des structures et pratiques existent et qu'elles sont bien gérées.

Principe n° 7 - Le conseil d'administration doit veiller à ce que les informations communiquées par l’entreprise soient toujours transparentes et exactes de même que conformes aux obligations légales, aux attentes réglementaires et aux normes éthiques.

Principe n° 8 - Les organisations doivent se montrer déterminées et transparentes dans le choix et la description de leurs politiques et procédures principales en matière de gouvernance afin de permettre aux parties prenantes essentielles d'évaluer si les politiques et procédures choisies sont optimales pour leur organisation spécifique.

L'ACGI a été élaboré précisément pour être axé sur ces principes afin d’atteindre les objectifs d'une gouvernance d'entreprise solide et ambitieuse. En d'autres termes, chaque organisation devrait s'efforcer de respecter l’ensemble des principes au plus haut niveau, parce que c'est ce qu'il est juste de faire et non pas parce qu’il s’agit d’un critère sur une liste de must have. Il est également important de considérer ces principes dans leur ensemble. La cause profonde de bon nombre des scandales que nous voyons aujourd'hui tient au fait que les organisations se concentrent sur un domaine au détriment d'un autre.

Du point de vue de l'audit interne, ces principes directeurs traitent avec éloquence d'une réalité fondamentale de la bonne gouvernance d'entreprise. C'est une réalité que tous les professionnels devraient prendre à cœur et promouvoir dans leur travail dans représentation de la profession.

La gouvernance d'entreprise demeure incomplète si elle ne dispose pas de l’assurance indépendante et objective à l'échelle de l'entreprise que seul l'audit interne peut fournir.

Comme toujours, j'attends vos commentaires avec impatience. Pour en savoir plus sur les principes directeurs, consultez la rubrique « Board Perspectives » (Perspectives du Conseil d'administration) dans le numéro de décembre du magazine Internal Auditor.

Communication :
Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, publie un blog hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l'audit interne.