Skip Ribbon Commands
Skip to main content
Global Institute of Internal AuditorsBreadcrumb SeparatorKnowledge and ResearchBreadcrumb SeparatorChambers Blog (French)Breadcrumb SeparatorLes principes, fondements indérogeables du travail des auditeurs internes

Les principes, fondements indérogeables du travail des auditeurs internes

 « Les personnes intelligentes établissent des plans ; les sages, des principes. » Raheel Farooq

Tantôt enrichissant, tantôt exaltant ou excitant, parfois même terrifiant, le monde de l’audit interne du XXIe siècle présente aux organisations des défis qui rendent tout sauf monotone l'action de donner une assurance indépendante visant à accroître la valeur de l’organisation.

Lorsque je pense aux quatre décennies que j'ai passées à exercer cette profession, je me rends compte que, quand j’ai pris mon poste d'auditeur junior à la Trust Company of Georgia, j'aurais été incapable d’imaginer les tournants radicaux qu’allait emprunter la profession au cours de ma carrière. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, un auditeur junior peut analyser un volume considérable de données en quelques minutes, ce qui aurait pris des jours voire des semaines à l’époque. Ce même auditeur peut ainsi s’immerger dans la culture de l’organisation, pour la comprendre et l'évaluer, et prendre à bras le corps des questions majeures en matière d’éthique, de confidentialité et de protection des données. Et pour lui aussi, anticiper les profondes mutations technologiques des 40 prochaines années est un exercice difficile, mais une chose est sûre, elles vont se produire.

Les fondements qui vont nous permettre d’appréhender ces futures évolutions sont, d’un point de vue général, le Cadre de référence international des pratiques professionnelles, et d’un point de vue spécifique, les Principes fondamentaux pour la pratique professionnelle de l’audit interne. Quels que soient les changements qui pourront altérer notre profession, certains principes sont indérogeables. Nous ne devrions jamais perdre de vue les convictions propres à notre métier.

Le nouveau guide pratique de l’IIA intitulé « Principes fondamentaux pour la pratique professionnelle de l’audit interne, Leviers et indicateurs clés[1] » fournit d’excellents conseils sur la façon d’appliquer et de démontrer ces Principes fondamentaux dans tous les aspects de notre vie professionnelle. En outre, ce guide identifie des leviers et des indicateurs clés auxquels les responsables d’audit interne peuvent se référer pour adapter leur approche quant au respect des Principes fondamentaux au sein de leurs équipes d’audit.

Même si cet article ne peut pas être aussi exhaustif que le nouveau guide pratique, je souhaite néanmoins illustrer comment les Principes fondamentaux permettent de comprendre notre mission. Je présente tout d'abord les cinq premiers Principes et je consacrerai mon prochain article aux cinq autres.

Faire preuve d’intégrité. D’après le guide pratique, l’intégrité est la base des trois autres principes du Code de déontologie de l’IIA. Comme je l’ai souvent écrit, l’éthique est le principal enjeu des bons auditeurs internes. Cette idée est très bien exprimée dans le guide pratique en ces termes : « Pour faire simple, l’intégrité implique de faire ce qui est juste et de fournir une assurance ainsi que des conseils honnêtes et objectifs, même lorsque cela se révèle inconfortable ou difficile et qu’il pourrait être plus simple d’éviter le problème. » Cela rejoint cette citation d’Awdhesh Singh : « Les principes n’existent pas tant pour les périodes faciles que pour les périodes difficiles ».

Faire preuve de compétence et de conscience professionnelle. Le rôle de l’audit interne dans les organisations ne cesse de croître. Il ne s’agit plus seulement de donner une simple assurance du reporting financier comme c’était le cas à mes débuts. Toutefois, nous devons toujours respecter le principe selon lequel nos services doivent être fournis en faisant preuve de compétence et de conscience professionnelle.

Ce principe peut s’entendre de deux façons. La solution de facilité consiste à considérer qu’il exige que nous ne nous écartions pas des domaines dans lesquels nous avons les connaissances, le savoir-faire et l’expérience nécessaires pour fournir un audit efficace et compétent. Mais au contraire, nous devrions le prendre comme une invitation à accroître nos connaissances, nos savoir-faire et notre expérience selon les demandes des organisations tout en garantissant que nous faisons appel à des personnes compétentes dans les domaines que nous ne maîtrisons pas encore. 

Être objectif et libre de toute influence indue (indépendant). Il est bon de rappeler que l’objectivité et l’indépendance sont deux termes distincts qui sont définis ainsi dans le guide pratique : « L’objectivité désigne une attitude mentale impartiale, qui suppose que les auditeurs internes ne subordonnent pas leur jugement professionnel à celui d’autres personnes. L’indépendance implique quant à elle que la fonction d’audit interne ne soit pas exposée à des situations pouvant l’empêcher d’exécuter ses missions de manière impartiale. »

Ce principe s’applique à de nombreux aspects de nos travaux quotidiens en tant que professionnels, qu’il s’agisse de notre personne référente d’un point de vue administratif à la façon dont nous révélons des faits significatifs dans nos rapports sur nos missions. Les relations que nous bâtissons notamment avec nos conseils d’administration, nos comités d’audit, nos directeurs généraux, nos directeurs financiers et nos directeurs des systèmes d’information ont également des répercussions sur notre capacité à fournir une assurance indépendante. En définitive, le responsable d’audit interne doit s’assurer que les travaux d’audit interne sont objectifs et indépendants, ainsi que les travaux des fournisseurs de prestations externes qui dépendent de l’audit interne.

Être en phase avec la stratégie, les objectifs et les risques de l’organisation. Ce principe est la clé pour montrer comment l’audit interne apporte une valeur ajoutée à l’organisation. Cela devrait aller de soi que les travaux d’audit interne doivent être en phase avec les risques qui ont le plus fort impact sur l’organisation. En effet, la mission d’audit interne selon l’IIA consiste, entre autres, à donner « avec objectivité une assurance, des conseils et des points de vue fondés sur une approche par les risques ».

Être positionné de manière appropriée et disposer des ressources adéquates. Ce principe n’est souvent suivi qu’à moitié par les auditeurs internes. De nombreux responsables d’audit interne parviennent à obtenir les ressources suffisantes pour mener à bien le plan d’audit. Néanmoins, trop souvent, ils acceptent le statu quo sur les rattachements et autres facteurs qui peuvent limiter l’efficacité de la fonction d’audit interne. Les responsables d’audit interne devraient régulièrement revoir la charte d’audit interne avec le comité d’audit ou l’ensemble du conseil d’administration et déterminer si des changements sont nécessaires dans le périmètre des travaux d’audit ou dans les rattachements afin d’appliquer la stratégie de l’organisation en matière de management des risques. 

Comme évoqué ci-dessus, mon prochain article sera consacré aux cinq autres principes : démontrer la qualité de l’audit interne et son amélioration continue ; communiquer de manière efficace ; fournir une assurance fondée sur une approche par les risques ; être perspicace, proactif et orienté vers le futur ; et encourager le progrès au sein de l’organisation.

D’ici là, je vous invite à consulter le nouveau guide pratique et à étudier attentivement la façon dont vous appliquez ces fondements et ces Principes fondamentaux dans votre travail.

Comme toujours, je me réjouis de lire vos commentaires.

Communication :

Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, écrit un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l’audit interne.