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​Les sept péchés capitaux de l’audit interne

La grande majorité de mes blogs se rapportent aux stratégies et aux pratiques déployées par les auditeurs internes pour créer de la valeur et réussir dans leur profession. Néanmoins, de temps à autre, il est important de prendre un peu de recul pour discuter des actions ou des erreurs qui peuvent compromettre cette réussite. Tout le monde peut faire des erreurs, mais certaines devraient être évitées à tout prix.

Dans le domaine de l’audit interne, la réussite ne vient pas du jour au lendemain, et elle n’est jamais garantie. Si le développement des connaissances, des compétences et de l’expertise requises peut prendre des années, le processus d’apprentissage et de perfectionnement, lui, ne s’arrête jamais. Mais même la carrière d’audit la mieux planifiée peut être instantanément détruite par une seule erreur.

Si un auditeur interne fait preuve de paresse et de négligence ou, pire encore, ne respecte pas les principes fondamentaux de la pratique professionnelle de l’audit interne, sa carrière pourrait ne jamais s’en remettre.

J’ai compilé une liste de ce que j’appelle les « péchés de l’audit interne » susceptibles de détruire une carrière prometteuse :

Publier un rapport erroné. Que quiconque puisse intentionnellement soumettre un rapport d’audit interne qui contient une erreur, importante ou non, me paraît tout simplement incompréhensible. Mais une erreur involontaire peut être tout aussi dévastatrice. Une seule observation inexacte peut vous hanter pour toujours, non seulement à cause de l’erreur elle-même, mais aussi parce que la rétractation d’un rapport tombe rarement dans l’oubli. Un rapport ayant dû être retiré ou modifié reste dans les mémoires, comme un rappel cinglant de l’erreur commise, mais aussi de la possibilité qu’il en existe d’autres. De plus, il est probable qu’un rapport erroné embarrassera à la fois votre client et votre chef, et je peux vous garantir qu’au moins l’un d’eux saura s’en souvenir.

Soumettre des documents de travail incomplets ou faux. Il est possible que vous ne vous fassiez pas prendre après avoir « triché » dans vos documents de travail mais si – quand – cela vous arrive, les conséquences sont graves. Soumettre des travaux incomplets ou faux en connaissance de cause est tout simplement contraire aux règles d’éthique et n’a pas sa place en audit interne. Vous pouvez être sûr que la réaction de votre superviseur sera de passer vos travaux précédents à la loupe pour s’assurer qu’ils ne sont pas du même acabit. Quel que soit le résultat de ses recherches, votre poste, voire même votre carrière, est en jeu.

Se fâcher avec un client. Les clients d’un audit interne sous pression ont parfois tendance à devenir excessivement agressifs. Riposter de la même manière peut sembler être une réaction naturelle, surtout si vous pensez avoir raison, mais un manque de professionnalisme n’est jamais approprié et perdre votre sang-froid n’est jamais productif. Gardez toujours à l’esprit que s’il vous arrive d’élever la voix au cours d’une réunion avec un client, tout le monde se rappellera de l’incident longtemps après en avoir oublié la cause. Ce n’est pas le genre d’impression que vous voulez laisser. Et avant de répondre à l’e-mail incendiaire d’un client mécontent, je vous suggère de prendre le temps d’y réfléchir ou de demander conseil à votre supérieur.

Auditer avec une arrière-pensée. Mener un audit en situation de conflit d’intérêts est une violation grave du code de déontologie. Votre réputation d’auditeur impartial et équitable sera à jamais perdue si l’on vous soupçonne, ne serait-ce qu’un instant, d’avoir voulu « faire tomber » une personne ou exonérer un ami personnel, coupable ou non. Que le conflit d’intérêts soit réel ou simplement perçu n’a aucune importance. Il vous sera pratiquement impossible de vous en remettre, même si vous êtes autorisé à rester dans le département d’audit interne.

Rompre le secret professionnel. Les informations obtenues au cours d’une mission d’audit doivent être utilisées avec discrétion. Si, par exemple, un auditeur partage des informations sur un client de manière inappropriée, la confiance entre les parties sera brisée et vous pouvez vous attendre à ce que cela se sache rapidement. Une fois qu’un auditeur interne a la réputation d’être un colporteur de ragots, sa capacité à avoir une discussion honnête avec le management sera nettement, voire totalement amoindrie. Personne n’invite un auditeur interne indiscret à revenir.

Enfreindre les politiques de la société. Si un client pense qu’un auditeur interne se moque des politiques de la société, ce dernier ne devrait pas être surpris que sa recommandation sur la conformité du client aux politiques de l’entreprise ne soit pas prise au sérieux. Si un client apprend que vous ne voyagez pas les compagnies aériennes approuvées par la société, ou vous croise en première classe quand il va prendre son siège en classe économique, vous pouvez être sûr qu’il s’en souviendra. Je ne veux pas dire que les auditeurs internes ne doivent jamais faire d’exception aux politiques, mais les exceptions doivent être justifiées et exceptionnelles. De même que les policiers ne devraient jamais être « au-dessus des lois », les auditeurs internes ne doivent jamais se comporter comme si les politiques de la société ne s’appliquaient qu’aux autres.

Produire des rapports d’audit interne mesquins ou qui n’apportent aucune valeur. Nous savons tous que l’audit interne ne consiste pas seulement à pointer du doigt ce qui ne va pas ; son objectif est d’aider le management à atteindre ses objectifs et à tirer parti des opportunités qu’il aurait pu manquer. Personne n’y gagne si l’audit interne a la réputation de perdre son temps sur des détails sans importance. Les rapports d’audit interne qui contiennent des constats dénués d’intérêt ou des recommandations non rentables vous donneront une réputation de « faiseurs d’addition », ou pire. Il peut aussi être tentant de réutiliser un programme d’audit qui avait identifié quelques erreurs insignifiantes, mais reproduire l’audit de l’année précédente n’est pas nécessairement la meilleure manière d’apporter de la valeur.

Chacun de ces sept « péchés » peut sérieusement nuire au rôle et à la réputation de l’audit interne et porter un coup fatal à la carrière de son auteur. Mais je crois qu’il existe aussi des moyens de surmonter les erreurs involontaires qui ne sont pas malveillantes. Dans un prochain blog j’examinerai les sept vertus qui peuvent catapulter une carrière d’audit interne de l’ordinaire à l’extraordinaire.

Richard Chambers

Pour information

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog InternalAuditor.org un article sur les enjeux et les tendances concernant la profession d'audit interne.