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​Maintenant, plus personne ne va auditer le cirque.

Le 6 Fevrier 2017

L’annonce, le  mois dernier, de la fermeture prochaine du cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey, après plus de 146 ans d’activité, a provoqué une vive réaction dans tous les Etats-Unis.

Pour ceux qui ont vivement protesté contre l’utilisation d’animaux vivants par le cirque, cette nouvelle a été accueillie avec enthousiasme.

Pour des millions d’autres, la nouvelle n’a engendré que tristesse et nostalgie. Une nouvelle institution américaine emblématique disparaissait et plus jamais ils n’auront la possibilité de vivre l’expérience magique d’une soirée au cirque avec leurs enfants et petits-enfants.

Bien qu’en empathie avec ces réactions, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Cette annonce m’a renvoyé à une expression que j’ai longtemps utilisée et qui a servi de titre à un article publié en 2011 : « Pas besoin d’être un clown pour auditer le cirque ». L’article avait généré beaucoup de commentaires.

Je visais alors à répondre à tous ceux qui protestent lorsque nous annonçons et entamons l’audit de leur ligne métier en affirmant, à tort, que les auditeurs internes ne disposent pas des compétences ou de l’expertise requises pour auditer leurs domaines de responsabilités hautement techniques ou complexes. Comme je le signalais:

Tout au long de ma carrière, j’ai dû argumenter auprès de dirigeants mécontents qui voulaient empêcher mes auditeurs d’accéder à leurs activités invoquant un manque d’expertise. À quelques exceptions près, j’ai toujours réussi à réfuter leurs arguments. Dans certains cas, lorsque leurs inquiétudes étaient partiellement justifiées, j’ai veillé à garantir l’expertise nécessaire en faisant appel à des tiers. Le conseil que j’ai à donner à tout CAE rencontrant la même situation, est de garder son cap et de gérer les problèmes comme ils se présentent. Comme l’a dit intelligemment une de mes collègues à une division qui remettait en question les aptitudes de ses auditeurs internes à évaluer ses activités : « Pas besoin d’être un clown pour auditer le cirque. »

Mon article a interpellé bon nombre de gens du métier qui combattent pour une cause juste et qui, chaque jour, auditent des secteurs, des processus et des contrôles nouveaux et complexes. Je ne sais pas combien d’auditeurs ont réellement cité cette phrase après la publication de mon blog. Quoi qu’il en soit, je me souviens d’un auditeur interne inspiré qui, lors d’une réunion de l’institut en Amérique du Nord, s’est approché en me présentant un tissu encadré sur lequel étaient joliment brodés ces mots: « Pas besoin d’être un clown pour auditer le cirque. »

Cette expression provocatrice aura peut-être une longue vie au sein des services d’audit interne; le cirque, lui, ne survivra pas. Ce qui me ramène au titre de ce blog: Maintenant, plus personne ne va auditer le cirque.

La fin de Ringling Bros. illustre une fois de plus la façon dont les risques stratégiques peuvent finalement aboutir à la disparition de produits (Ringling Bros. est une filiale de Field Entertainment Inc.), d’entreprises ou même de secteurs d’activité entiers. Prenez le cas des drive-in, des vidéoclubs de quartier, des voyages populaires en autocar ou en train. Je sais, je sais, tout cela existe encore, mais ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Au cours de la dernière décennie, les auditeurs internes se sont concentrés sur les risques stratégiques de leurs entreprises. Certains d’entre eux, comme le progrès technologique, ont pu s’avérer insurmontable. Cependant, au lieu de disparaître, de nombreuses entreprises ont su se réinventer ou réinventer leur modèle économique avec succès. Apple, AT&T, et Procter & Gamble's Old Spice ont trouvé comment s’adapter aux changements technologiques et aux préférences des consommateurs, là où d’autres, comme Kodak et Blackberry, n’y sont pas parvenus.

En tant qu’auditeurs internes, nous occupons une position privilégiée permettant d’envisager toute la palette des risques rencontrés par nos organisations. Nous devrions évaluer en continu si la direction a bien identifié les risques stratégiques, si la question est abordée avec le comité exécutif et, lorsque cela est possible, si les contrôles et réponses stratégiques adéquats ont été mis en place pour y faire face.

Concernant la disparition de Ringling Bros., les indices laissant présager cette nouvelle étaient nombreux. Le « meilleur spectacle du monde » se remettait à peine de la mauvaise publicité due à l’utilisation d’éléphants dans ses spectacles, faisait face à des coûts de production en hausse, à une concurrence féroce de la part d’autres sources de divertissement et à une chute indéniable de sa billetterie. Pour reprendre mon expression précédente, « pas besoin d’être un clown pour savoir que le cirque était en difficulté. » La leçon pour les auditeurs internes est de se tenir au faîte des risques stratégiques de leur organisation et de traiter les stratégies destinées à y remédier.

Enfin, il est important de souligner que le cirque, en tant que divertissement, pourrait ne pas disparaître complètement. Wayne McCary, un producteur de cirque expérimenté, a récemment dit dans une interview auprès du Wall Street Journal que la fin de Ringling Bros. « Ne devrait pas être interprétée comme la mort du cirque en Amérique. Le cirque a un avenir, mais la forme qu’il prendra reste encore à découvrir. »

Vos réflexions sont les bienvenues.

Richard Chambers

Information:

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog un article traitant de sujets d’actualité liés à l’audit interne.