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Nouveau sondage de l’IIA : quelles révélations sur l’impact de la pandémie et sur l’année à venir pour l’audit interne?

Ces 40 dernières années, la profession d'audit interne américaine a connu plusieurs moments charnières, comme la crise des Savings and loans dans les années 1980, les fraudes au reporting financier du début des années 2000 et la crise financière/Grande Récession à peine dix ans plus tard. À chaque fois, la profession n’en est sortie que plus forte, nul doute sur ce point.

En 2020, les effets spectaculaires de la pandémie de COVID-19 laisseront eux aussi leur empreinte sur l'audit interne, d'après un nouveau sondage mené par l’Audit Executive Center (AEC) de l’IIA. Les réponses de près de 500 responsables d'audit interne nord-américains révèlent qu’ils anticipent de fortes coupes dans les déplacements et la formation de l'audit interne , une certaine diminution des dotations en personnel ainsi qu’une prise de conscience croissante que l'agilité, la flexibilité et les connaissances techniques joueront un rôle fondamental dans les fonctions d'audit interne à l’avenir.

À première vue, ces prévisions de coupures drastiques dans les budgets laissent entrevoir un avenir troublant.. Parmi les personnes interrogées, 45 % prédisent une baisse de leur budget global dans les 12 prochains mois, observations des plus troublantes en comparaison avec celles de juillet 2019 où, dans le cadre du sondage Pulse of Internal Audit, seulement 13 % d’entre elles avaient déclaré qu’elles s'attendaient à des coupes dans l’année qui allait suivre.

Toutefois, dans les circonstances exceptionnelles que nous traversons, les dommages auraient pu être bien pire. Les résultats des sondages de l’AEC, menés plus tôt dans la période de crise, ont montré que l'audit interne montait déjà en puissance en fournissant tout un éventail de services et de la valeur, ce qui pourrait, sur le long terme, limiter les pots cassés en matière de coupes budgétaires pour de nombreuses personnes.

Un examen plus approfondi des dernières données du sondage de l’AEC montre que les réductions budgétaires prévues seront principalement axées sur trois domaines : les déplacements, la formation et les externalisations. 65 % des répondants prévoient des diminutions significatives des budgets consacrés aux déplacements, tandis que 87 % s'attendent a minima à quelques coupes. Ces réponses révèlent non seulement l’opportunité de réduction des dépenses durant ce ralentissement économique historique mais aussi que les auditeurs internes apprennent à travailler à distance.

Du point de vue des ressources humaines, près de 66 % des sondés présument que les niveaux vont se maintenir, ce qui est encourageant étant donné les difficultés économiques actuelles et à venir. Cependant, en posant la question des externalisations aux sondés, ce chiffre chute considérablement pour atteindre 47 %. Cela suggère que les responsables d’audit interne s’efforcent de conserver le noyau de leurs équipes intact. De manière intéressante, le nombre de personnes interrogées qui entrevoient des diminutions significatives des externalisations (16 %) est plus ou moins équivalent à celui de celles qui s'attendent à une augmentation en la matière (15 %). Ces réponses peuvent augurer le besoin futur de certaines fonctions de se procurer les services d’experts, tandis que les organisations feront face à des risques mouvants et émergents liés aux conséquences de la pandémie.

Parmi les constats les plus positifs du sondage figure la considération croissante accordée à l'amélioration de l’efficience et de l’efficacité des fonctions d’audit interne. La majeure partie des évolutions de processus attendues sont révélatrices d’une nouvelle réalité : l'audit à distance progresse, avec 80 % des répondants indiquant qu’ils imaginent que les options de télétravail vont se multiplier et 71 % qui prévoient que l’on accordera moins de temps aux audits sur site. En outre, 73 % d’entre eux s’attendent à davantage de flexibilité dans les plans d'audit. Les données du sondage montrent également que les évolutions en matière de processus pourraient être encore plus significatives ; elles pourraient entraîner les mises à jour tant attendues en matière de technologie.

Nombreuses sont les preuves qui montrent que les opportunités abondent pour les fonctions d’audit interne qui apprivoisent la technologie et adoptent les techniques d’audit agiles. Les répondants s'attendent à avoir davantage recours à l’analyse de données (49 %, soit presque la moitié) et aux techniques d'audit agiles (39 %). Quant aux augmentations des investissements en matière d'automatisation (12 %) et le recours plus fréquent à la robotisation des processus (8 %), ils semblent à la traîne. Néanmoins, dans le contexte actuel cela peut indiquer que les organisations hésitent à faire des investissements financiers et qu’elles portent une attention particulière à ce qui leur permettra véritablement d’avancer.

Aussi les sondés sont-ils à la recherche des compétences qui les aideront à tirer parti de ces opportunités. Plus de 70 % d’entre eux considèrent que la pandémie a accru le besoin en matière de communication, de cybersécurité, d’innovation et de compétences relatives à la conduite du changement.

Le rapport du sondage contient de nombreuses données supplémentaires, comme le détail par secteur pour chaque question posée.

Il m’est impossible de conclure cet article sans faire un commentaire concernant un point qui m’a décontenancé : Les données du sondage montrent que les auditeurs internes sont très conscients de la nécessité « d’auditer à la vitesse du risque ». Au sortir de la pandémie, plus de la moitié des répondants (53 %) s'attendent à une augmentation de la fréquence des évaluations des risques tandis que 68 % prévoient d’augmenter la fréquence des mises à jour des plans d’audit. En revanche, seulement 34 % d’entre eux comptent communiquer davantage avec le comité d'audit;

Si deux tiers des répondants prévoient de revenir au statu quo en matière de communication avec nos parties prenantes dans le « Monde d’après », alors, nous manquons une occasion en or. La réponse de l’audit interne à la pandémie a mis en évidence sa capacité à fournir une valeur précieuse aux organisations en temps de crise, non seulement du point de vue de son cœur de métier, mais aussi en tant que conseiller de confiance. Nous devons saisir cette opportunité en élargissant la conversation avec les comités d’audit et le management afin de renforcer notre position fraîchement acquise à la table des négociations.

Comme toujours, je me réjouis de lire vos réactions.

Communication:   Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, publie un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l'audit interne.