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Pour être de bons leaders, les auditeurs internes doivent aussi savoir suivre.

On dit souvent que les bons leaders sont ceux qui ont aussi la capacité de suivre. Avec l’âge, je commence à réaliser pleinement à quel point cette affirmation est vraie. Je me rends compte qu’il existe beaucoup de domaines d’expertise qui me dépassent complètement, ce qui m’amène de plus en plus à faire appel aux conseils et aux connaissances d’autres personnes. En bref, j’ai pris conscience que, pour être un leader, je dois également être un suiveur.

Les auditeurs internes doivent être perçus comme des leaders au sein de leur organisation. Dans mon livre de 2017, Trusted Advisors : Key Attributes of Outstanding Internal Auditors, j’ai identifié le « leadership inspirant » comme l’un des qualités communes aux bons auditeurs internes. Je l’aborde dans les termes suivants :

La position unique qu’ils occupent dans leur entreprise leur permet d’être en relation avec l’ensemble des managers et des collaborateurs. Ces leaders saisissent les opportunités de partager des éclairages et des conseils d’une manière qui incite au changement. Mais il existe une autre qualité qui les différencie : la capacité d’inspirer. Ce sont des agents inspirateurs de changement !

Les leaders de l’audit interne démontrent également leur capacité à suivre : ils suivent l’exemple donné par d’autres et répliquent souvent les valeurs et les comportements de ceux qu’ils admirent et respectent. Mais pour être à la tête de l’audit interne, nous devons faire plus qu’imiter d’autres leaders. D’ailleurs, je conseille régulièrement aux auditeurs internes qui me demandent mon avis de faire trois choses essentielles :

  • Suivre les risques.
  • Suivre les Normes.
  • Suivre votre conscience.

Il est vrai que ce conseil peut paraître évident. Il est normal de présumer que nous suivions les risques, ainsi que les Normes Internationales pour la Pratique Professionnelle de l’Audit Interne et notre conscience. Mais en réalité, les professionnels de l’audit interne ont encore beaucoup d’efforts à fournir dans chacun de ces trois domaines. Permettez-moi de clarifier mon propos.

Suivre les risques. C’est l’un de mes mantras favoris. Si nous ne suivons pas les risques, nous ne servons pas correctement les intérêts de nos organisations et, tôt ou tard, on finira par nous demander « mais où étaient donc les auditeurs internes ? » lorsqu’un domaine à risque élevé aura endommagé la valeur ou la réputation de l’organisation. Il existe des signaux d’alerte évidents indiquant que les auditeurs internes ne suivent pas certains des risques majeurs qui menacent les organisations en 2019. La cybersécurité, par exemple, est en tête ou figure parmi les principaux risques identifiés par les CEO et les conseils d’administration. Et pourtant, le dernier rapport « Pulse of Internal Audit » de l’IIA révèle qu’à peine 7 % des ressources de l’audit interne sont affectées aux risques liés à la cybersécurité. Comme je le dit souvent, « les auditeurs internes peuvent tout auditer mais pas n’importe quoi ». Mais si nous passons à côté des domaines à haut risque, ce que nous aurions pu auditer n’aura plus aucune importance. Dans notre métier, les leaders comprennent l’importance de l’audit fondé sur les risques. Ils suivent les risques !

Suivre les NormesAucune profession digne de ce nom ne peut exister sans normes que ses membres sont tenus de respecter. C’est principalement en raison des Normes de l’IIA que l’audit interne est aujourd’hui reconnu comme une profession à part entière à travers le monde. Cependant, malgré le caractère accessible des normes professionnelles, force est de constater que le niveau de conformité est décevant. Selon l‘enquête CBOK (Common Body of Konwledge), menée en 2015 par la Fondation de l’audit interne, moins de 35 % des responsables de l’audit interne sont en totale conformité ne serait-ce qu’avec les normes relatives au programme d’assurance et d’amélioration qualité. Le rapport CBOK souligne également que beaucoup de responsables de l’audit interne qui ne respectent pas les Normes ne font pas état de leur non-conformité à leur comité d’audit ou aux autres organes de gouvernance, ce qui est encore plus inquiétant. Même si la conformité avec les autres normes est souvent beaucoup plus élevée, il faut bien reconnaître qu’une chaîne est aussi solide que son maillon le plus faible.

Mais alors, pourquoi ne respectons-nous pas les Normes à la lettre ? Ce ne sont pas les excuses qui manquent : « je n’ai pas les ressources » ; « je n’ai pas le temps » ; « mon comité d’audit s’en moque ». Ces paroles ne sont pas celles de vrais leaders. Au contraire, les leaders de l’audit interne considèrent les normes professionnelles comme une ressource essentielle pour les aider à servir les intérêts de leurs organisations. Ils suivent les Normes !

Suivre votre conscience. Ici, le problème est un peu différent. Les risques peuvent être évalués et documentés. Les Normes sont accessibles à tous. Mais la conscience d’un auditeur interne n’est connue que de lui seul. On peut nous accuser ne pas avoir suivi les risques ou les Normes mais il est peu probable que quelqu’un vienne nous demander si nous avons suivi notre conscience. Nous sommes nos propres juges.

Je suis souvent sollicité par des auditeurs internes confrontés à des problèmes d’éthique. Parfois ce sont les dirigeants de leur organisation qui les forcent à dissimuler des mauvaises nouvelles ou à les ignorer. Parfois ils sont empêchés d’investiguer des domaines à haut risque ou dans lesquels des inefficacités ou des fraudes peuvent exister. Ils me demandent ce qu’ils doivent faire. Je les écoute et leur suggère quelques options. Mais en fin compte, mon conseil est généralement très simple : suivez votre conscience. Le fait même qu’ils évoquent ces problèmes avec moi prouve bien qu’ils pèsent sur leur conscience.

Je peux leur dire ce que je ferais dans une situation semblable à la leur, mais les circonstances peuvent être totalement différentes. Par exemple, si j’étais confronté à la même situation, je pourrais décider de démissionner et de trouver un autre emploi, mais un marché de l’emploi difficile ou des enfants en bas âge pourraient les en dissuader. En définitive, ils sont les seuls à pouvoir prendre cette décision.

Il a pu m’arriver au cours de ma carrière de ne pas suivre ma conscience dès le début, mais j’ai fini par réaliser que ce n’était pas une option. Notre conscience résonne dans notre for intérieur comme une voix persistante et persuasive. Et cette voix ne se taira pas avant que nous ayons pris la bonne décision.

Les réflexions que je partage dans ce blog sont rarement évoquées ensemble. Elles ont cependant une chose en commun : suivre les risques, suivre les Normes et suivre sa conscience sont des qualités propres aux bons leaders de l’audit interne. Et notre réussite ou notre importance ne doit jamais nous empêcher d’être des suiveurs.

Je me réjouis de lire vos commentaires.

Richard Chambers

Pour information

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog InternalAuditor.org un article sur les enjeux et les tendances concernant la profession d'audit interne.