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​Pour l’audit interne, le succès tient en cinq A

Cela fait 11 ans que je poste presque toutes les semaines un billet de blog dans lequel j’explore l’audit interne sous toutes ses coutures. J’ai couvert des centaines de sujets et étudié des dizaines de problématiques propres à la profession, de l’indépendance et du courage face aux situations de crise à la compréhension des causes profondes de scandales majeurs, en passant par l’établissement de relations avec les parties prenantes. Dans chacun de mes articles, j’ai tâché d’éclairer et de mettre en perspective les rôles et les responsabilités de l’audit interne.

Comme vous pouvez l’imaginer, sur une période aussi longue, j’ai vu des tendances (et des priorités) émerger et disparaître. Je me suis émerveillé devant les mutations de la profession, et j’ai découvert en chemin quelques vérités évidentes :

  1. L’audit interne est une composante clé d’une gouvernance d’entreprise saine.
  2. Les auditeurs internes doivent se former tout au long de leur carrière.
  3. Pour réussir, il est essentiel de tisser des liens avec les parties prenantes.
  4. Risques et opportunités sont les deux faces d’une même médaille.
  5. L’audit interne doit se montrer agile et flexible pour rester en phase avec les risques, ces amis/ennemis capricieux.

Ces derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi aux fondamentaux de la profession d’audit interne. Il existe déjà un vaste corpus de connaissances, compilé dans le Cadre de référence international des pratiques professionnelles de l’IIA. Malgré tout, il existe aussi quelques axiomes fondamentaux que je considère comme déterminants pour la réussite de n’importe quelle fonction d’audit interne.

Après plus de 45 ans d’expérience dans cette profession, il me semble que ces fondamentaux décisifs pour le succès des auditeurs internes sont au nombre de cinq. Je les appelle « les cinq A de l’audit interne efficace ».

Assess – Accomplir l’évaluation des risques. Réussir à évaluer les risques qui pèsent sur l’organisation est l’un des rôles premiers de l’audit interne. Comme je l’ai dit et écrit à d’innombrables reprises, les auditeurs internes doivent avant tout s’atteler au suivi des risques. Toutefois, nous devons élargir notre perspective en ce qui concerne les modalités de cette évaluation. Au-delà de l’identification des facteurs qui menacent de perturber l’organisation ou de l’empêcher d’atteindre ses objectifs, nous devrions également procéder à l’évaluation de l’adéquation du management des risques, la gouvernance et la culture d’entreprise. Nous devrions appréhender le degré d’appétence du conseil d’administration pour le risque et évaluer si la direction générale agit dans le respect de ce cadre. Pour ce faire, nous devons avoir une compréhension fine des objectifs et de la stratégie de l’organisation, ainsi que de son secteur d’activité. 

Align – Aligner le périmètre de l’audit interne sur les risques imminents. D’après mon expérience, le meilleur moyen pour les auditeurs internes d’échouer est de se concentrer sur leurs priorités et préférences personnelles. Si nous analysons les risques, c’est pour identifier clairement les domaines sur lesquels doit porter notre attention. Les auditeurs internes doivent nouer des relations avec les principales parties prenantes s’ils veulent rester alignés et pertinents. S’échiner sur les risques que l’on connaît en s’éloignant des objectifs et stratégies de la direction générale et du conseil d’administration, c’est risquer de perdre toute pertinence. Cependant, ne faisons pas l’erreur de croire que l’audit interne doit systématiquement emboîter le pas aux parties prenantes. En s’alignant sur les objectifs et la stratégie de l’organisation après en avoir acquis une compréhension approfondie, les auditeurs internes ont l’opportunité de faire valoir de nouveaux points de vue et visions prospectives.  

Assure – Apporter l’assurance à la direction générale et au conseil d’administration que les risques sont efficacement gérés et que les dispositifs de contrôle sont convenablement conçus et mis en œuvre. C’est là le rôle fondamental de l’audit interne. L’assurance qu’il apporte au sujet de l’efficacité du reporting financier, de la conformité, des opérations et de la cybersécurité, entre autres, conforte la direction générale et le conseil d’administration dans l’idée que l’organisation est convenablement gérée. Toutefois, avant de pouvoir fournir une telle assurance, nous devons avoir minutieusement planifié et effectué nos missions et rédigé nos rapports. Si nous identifions des problèmes, nous devons présenter les faits, les effets et les causes, ainsi que nos critères et recommandations. Il est particulièrement important de s’assurer que l’on a suffisamment approfondi la question pour mettre au jour les causes racines des défaillances ou des faiblesses du dispositif de contrôle ou du management des risques.
En outre, l’assurance portant sur la gouvernance et la culture d’entreprise nécessite des évaluations plus subjectives et davantage de jugement de la part de l’auditeur interne. Si certains professionnels sont moins à l’aise à auditer ces facteurs d’ordre comportemental, ce domaine devient pourtant de plus en plus incontournable s’ils souhaitent apporter une assurance globale efficace.

Advise – Apporter des conseils à la direction générale et au conseil d’administration en puisant dans notre vaste expertise. Sous l’effet des nouvelles technologies et des bouleversements qu’elles entraînent, le panorama des risques s’accélère et se complexifie pour la majorité des organisations. C’est pourquoi le volet « conseil » de l’audit interne est plus important que jamais. Après tout, il n’est pas très utile d’informer les parties prenantes que des erreurs ont été commises, alors que nous aurions pu les éviter en endossant un rôle de conseil au moment de la conception et de l’exécution. L’assurance donne une image exacte de ce que l’on voit dans le rétroviseur. Cependant, comme le savent tous les conducteurs, c’est en regardant devant et autour de soi que l’on évite les accidents.

Anticipate – Anticiper les risques de demain. La notoriété et la plus-value de l’audit interne se trouvent renforcées par sa capacité à anticiper les risques, mais aussi et surtout les besoins de l’organisation. En effet, c’est en se saisissant des risques émergents, des technologies de rupture et des menaces qui pointent à l’horizon que l’audit interne peut se rendre indispensable. C’est par ailleurs un pas de plus vers un positionnement en tant qu’agents du changement. Cette expression, vous ne manquerez pas de l’entendre à nouveau dans les semaines et les mois à venir. 

Même si beaucoup d’outils sont là pour nous rappeler les fondamentaux d’un audit interne efficace, aucun ne saurait se substituer aux principes et normes figurant dans le Cadre de référence international des pratiques professionnelles. Néanmoins, je reste persuadé que les cinq A de l’audit interne efficace sont un fil conducteur vers la réussite. Ni plus, ni moins. Ils nous rappellent ce que nous devrions faire, ce sur quoi nous devrions nous concentrer, et nos objectifs ultimes. Ils sont conçus pour être non pas instructifs, mais directifs. Ils sont un point de départ, et non une fin en soi. Ce sont les outils de la profession, et ceux qui les utilisent, de véritables artisans.
Comme toujours, je me réjouis de lire vos réactions.
Communication: Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, écrit un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l’audit interne.