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​Que pensent-ils quand les auditeurs internes viennent leur rendre visite ?​

Le mois international de l’audit interne touchant à sa fin, j’ai décidé de m’intéresser à l’envers du décor en juin. Au cours du mois écoulé, notre profession s’est tournée vers l’extérieur, pour mettre en évidence le talent et la valeur qu’elle apporte aux organisations. Dans le même esprit, je crois que le mois de juin devrait être un mois d’introspection que j’appellerai officieusement le « mois de prise de conscience de l’audit interne ». Ce sera l’occasion de revenir sur d’anciens blogs de cette série pour nous aider dans cette démarche.

Ce thème est tout aussi essentiel que les efforts déployés pour faire connaître notre profession. Nous devons porter un regard réaliste sur ce que nous faisons, comment nous le faisons et la manière dont nous sommes perçus par les personnes externes à l’audit interne. En tant que profession, nous avons parfois tendance à capituler face à l’éternelle rengaine : l’audit interne est mal vu, mal compris, ou n’est pas considéré à sa juste valeur. Bien que ce soit souvent le cas, il n’en reste pas moins que nous devons être prêts à examiner comment nos propres actions, nos attitudes et nos pratiques contribuent à cet état de choses.

Ce qui suit est un blog posté pour la première fois en 2013 mais qui garde tout son sens aujourd’hui.

Les auditeurs internes peuvent se mettre eux-mêmes des bâtons dans les roues en ayant des relations désagréables et conflictuelles avec ceux qu’ils auditent. Même si nous avons nettement amélioré nos compétences relationnelles, il est toujours bon de rappeler l’importance et la valeur d’une collaboration positive.

Auditeur : n) celui qui écoute.

Savez-vous écouter ? C’est amusant de voir comment le mot « auditeur », un mot qui avait au départ une connotation si positive, peut maintenant déclencher un sentiment de crainte ou d’appréhension chez certains, au même titre que le mot « dentiste ».

Nous sommes victimes des stéréotypes que nous perpétuons. La simple mention du mot audit peut être très anxiogène pour beaucoup de personnes. Certaines associent l’émotion qu’il suscite à une verbalisation pour infraction au code de la route. Réfléchissez-y un moment. Comment réagiriez-vous si l’agent de police qui vous arrête sur la route, au lieu de vous annoncer directement la mauvaise nouvelle, vous félicitait pour votre conduite et vous disait qu’il est là pour vous aider ? Soit, j’admets que je pousse peut-être la métaphore un peu trop loin.

Nos normes professionnelles nous obligent à être objectifs, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas être humains. Les auditeurs internes ont déjà la réputation d’être froids et impersonnels. Selon moi, c’est à nous qu’il incombe de faire évoluer ce stéréotype en 1) admettant qu’il existe, et 2) en nous efforçant de le changer en perfectionnant nos compétences relationnelles.

Souvent, le simple fait de « briser la glace » au début des missions d’audit interne / entretiens pourrait leur donner de meilleures chances de réussite. Investir quelques minutes pour faire connaissance avec ceux que nous allons auditer ou interviewer en les considérant comme des individus plutôt que comme des « audités » (ce que je peux haïr ce mot !) peut porter ses fruits tout au long du processus, particulièrement quand il s’agit d’obtenir leur consentement pour la mise en œuvre des recommandations d’audit.

En dépit des stéréotypes, les auditeurs internes sont avant tout des êtres humains. A trop vouloir prouver notre objectivité, nous risquons malencontreusement de mettre notre personnalité en veilleuse, ce qui, à mon avis, nous porte préjudice. L’une des caractéristiques qui définit un bon auditeur interne est son scepticisme. Mais comme je l’ai déjà fait remarquer, du scepticisme à la suspicion, il n’y a qu’un pas. Ces auditeurs internes qui affichent ouvertement leur suspicion sont ceux qui ternissent la réputation de la profession. Je crois sincèrement qu’il est possible d’être à la fois cordial et objectif ; « la confiance n’exclut pas le contrôle », comme le dit l’adage.

Il peut être utile de reconnaître que ceux que nous auditons sont confrontés aux mêmes problèmes et aux mêmes défis que nous. Ils sont soumis aux mêmes contraintes de temps et de ressources. La seule différence est que nous avons la chance de ne pas être à la place des audités. Ce dont, comme je l’ai souvent fait observer, nous devrions nous estimer heureux car je ne suis pas convaincu que l’ensemble de nos travaux d’audit interne soient aussi efficaces et efficients qu’ils le devraient.

En réalité, je veux parler d’empathie. Subir un audit, c’est être en position de vulnérabilité. Faire preuve de compréhension peut radicalement changer la manière dont les auditeurs internes sont perçus. Rappelez-vous, notre but est d’améliorer l’organisation, or il est plus facile d’y parvenir lorsque nous travaillons tous ensemble.

En conclusion, la prochaine fois que vous aurez à rédiger une lettre ou un mémo pour notifier une mission d’audit à venir, mettez-vous à la place des destinataires. Comment vont-ils réagir ? Vont-ils ressentir de la peur et de l’angoisse ou vont-ils, au contraire, attendre avec intérêt l’appréciation de leur travail et les conseils constructifs que vous offrirez en conclusion de l’audit. Nous devrions travailler sans relâche à la deuxième alternative.

Je me réjouis de lire vos pensées sur ce sujet qui continue, et continuera sans doute à faire couler beaucoup d’encre.

Richard Chambers

Pour information

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog InternalAuditor.org un article sur les enjeux et les tendances concernant la profession d'audit interne.