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​Risques liés au retour des collaborateurs : l’audit interne se montre-t-il à la hauteur ?

La semaine dernière, je recommandais aux auditeurs internes de « retrousser leurs manches » et d’aider leur organisation à appréhender et surveiller les risques relatifs au retour des collaborateurs sur leur lieu de travail habituel. Une partie de mes observations s’intéressait au rôle que doit jouer l’audit interne pour donner une assurance quant aux risques de santé et sécurité pour les collaborateurs.

J'avais mis en avant quatre questions à destination de mes confrères et consœurs.

  • La direction générale a-t-elle identifié et évalué convenablement les risques liés au retour des collaborateurs ?
  • Les politiques et dispositifs de contrôle en la matière constituent-ils une réponse adaptée aux risques clés ?
  • Les politiques/dispositifs de contrôle sont-ils effectivement mis en œuvre (communications comprises) ?
  • Le programme global fonctionne-t-il comme prévu, ou des ajustements sont-ils nécessaires ?

L’IIA a interrogé les responsables d’audit interne nord-américains dans le cadre d’un nouveau sondage et leurs réponses sont partagées quant au degré de préparation des organisations et à l’implication (suffisante ou non) de l'audit interne. Ce sondage, mené par l’Audit Executive Center de l’IIA met en évidence que plus de la moitié des organisations pourrait ne pas être convenablement préparée pour faire face à certains facteurs clés qui permettraient un retour sans risque des collaborateurs sur leurs lieux de travail. Cela comprend des facteurs directement liés à la transmission de la maladie à coronavirus 2019, comme le dépistage et la désinfection des lieux de travail, de même que l'évaluation de l’engagement éventuel de la responsabilité de l’organisation.

Qui plus est – et je trouve cela également troublant – les répondants ont été bien trop nombreux à ne pas pouvoir exprimer d’opinion sur le degré de préparation de leur organisation pour environ un tiers des facteurs examinés. Cela révèle qu’un grand nombre de fonctions d’audit interne sont spectatrices de certains des risques les plus significatifs auxquels sont confrontées leurs organisations. Ce chiffre est inacceptable, d'autant plus que les évaluations des risques auraient dû être mises à jour pour faire face à la crise pandémique.

Loin de moi l’idée d’accuser l'audit interne d’inaction. Près des trois quarts des sondés ont noté qu’ils identifient des risques émergents et qu’ils mettent à jour leur évaluation des risques. Deux tiers d’entre eux réalisent des missions de conseil au sein de leur organisation en préparation du retour des collaborateurs. Toutefois, rares sont les auditeurs internes qui effectuent des revues de certaines zones de risque critiques.

Une lecture plus approfondie des données met en évidence que moins de la moitié des interrogés indiquent que leur organisation est convenablement ou très bien préparée pour faire face aux six facteurs de risque principaux :

  • Aménagement du lieu de travail en vue de la distanciation.
  • Dépistage PCR.
  • Dépistage sérologique.
  • Équipement de protection individuel.
  • Coûts d'aménagement du lieu de travail.
  • Responsabilité légale en cas de maladie ou de décès.

Plus troublant encore : nombreux sont les responsables d’audit interne interrogés qui n'étaient pas certains du degré de préparation de leur organisation dans certaines de ces zones de risque clés. Par exemple, plus de 20 % des sondés n'étaient pas en mesure d’exprimer une opinion sur le degré de préparation relatif au dépistage PCR, au dépistage sérologique, à l’infection du personnel d’entretien et à la responsabilité légale de l'organisation en matière de maladie ou de décès. Les trois premiers items de cette liste sont directement liés à la transmission potentielle du virus tandis que le dernier concerne les éventuelles conséquences d’une telle transmission. En effet, seulement 8 % des répondants indiquent être impliqués dans les revues de santé-sécurité.

Mon intention ici n’est pas de blâmer les professionnels de notre métier durant cette période d’une extrême difficulté. De nombreuses fonctions d’audit interne ont été admirables durant la crise sanitaire, je le pense. Elles ont su se démarquer pour aider leur organisation à relever une multitude de défis et à faire face aux risques. Néanmoins, comme je l'ai écrit à maintes reprises, la question que je crains le plus est « où était l'audit interne ? ».

Dans les prochains mois et les prochaines années, les conséquences de la pandémie (prévues et imprévues) pourraient entraîner des risques de défaillance organisationnelle et accroitre les risques de contentieux. Comme toujours, la question sera posée de l’implication de l’audit interne. Aussi ne sera-t-il pas possible de répondre « nous ne savions pas » ou « nous n'avons pas été impliqués ».

Nous représentons la dernière ligne de maîtrise de nos organisations et à ce titre, nous ne pouvons pas nous permettre d’être mis à l’écart des efforts en matière de management des risques clés, a fortiori en période de crise. Il n’est pas trop tard pour alerter les dirigeants et les comités d'audit quant à la valeur que l’audit interne peut apporter aux revues de santé-sécurité avant le retour des collaborateurs. J’encourage fortement les professionnels de l'audit à le faire et à être prêts à apporter cette valeur.

Comme toujours, je me réjouis de lire vos réactions.

Communication: Richard F. Chambers, Président et CEO du Global Institute of Internal Auditors, publie un article hebdomadaire pour InternalAuditor.org sur les questions et tendances relatives à la profession de l'audit interne.