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Diriger à la vitesse du risque

​Le 16 Janvier 2017

Beaucoup a déjà été écrit ou dit sur les thèmes du leadership. Qu’ils soient issus de la sphère militaire, politique ou entrepreneuriale, les leaders s’accordent sur ce point : ne pas prendre de risques, c’est n’obtenir aucun bénéfice. Le cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, l’a bien fait remarquer : « Le plus grand risque, c’est de ne pas en prendre… Dans un monde en constante évolution, la seule stratégie vouée à l’échec est de ne pas prendre de risques. »

Au 21e siècle, une composante supplémentaire vient s’ajouter à la dynamique risque/bénéfice: la vitesse déroutante à laquelle le risque peut surgir, changer la donne et entraîner de lourdes conséquences. J’ai souvent écrit sur la nécessité qu’ont les auditeurs internes de mener leur mission à la vitesse du risque, ce qui n’est pas chose facile. Diriger à la vitesse du risque peut être une tâche encore plus ardue.

Aujourd’hui, les leaders économiques doivent résoudre un épineux rébus : celui du risque/bénéfice, composé de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement globales, d’instabilité géopolitique, de cyber-menaces et d’avancées technologiques capables de transformer demain en pittoresque curiosité ce qui hier encore était une technologie de pointe.

Les leaders qui ont réussi à trouver le juste équilibre entre risque, bénéfices et vitesse sont éminemment appréciés. De Marc Zuckerberg à Steve Jobs, les grands entrepreneurs sont ceux qui anticipent et gèrent le risque avec aisance. Les plus grands leaders économiques actuels sont, en un mot, centrés sur le risque. Ils reconnaissent que l’incapacité à identifier et gérer rapidement des risques émergents peut s’avérer fatale.

Je crois que les leaders contemporains qui excellent à « diriger à la vitesse du risque » possèdent quatre caractéristiques qui les distinguent — la conscience du risque, l’intuition du risque, l’acceptation du risque et le courage face au risque.

Les leaders qui ont conscience du risque savent identifier les menaces et gérer les situations, permettant ainsi à leur entourage de bien appréhender les risques. Ils comprennent qu’il faut les traiter avant qu’ils n’aient des répercussions sur l’organisation. Ils les anticipent et mettent en œuvre des plans efficaces pour les limiter avant qu’il ne soit trop tard.

Les leaders qui sont dotés de l’intuition du risque semblent avoir une capacité innée à percevoir le risque dans une situation donnée, et savent instinctivement comment manœuvrer. Mais cette intuition s’appuie sur une réelle volonté d’améliorer leur capacité à identifier et traiter les risques. Ils comprennent que pour gérer des risques complexes, il existe des moyens plus efficaces que ceux auxquels ils avaient recours il y a 20 ans.

Les leaders qui acceptent le risque savent qu’une prise de risques intelligente et bien calculée est le moyen d’atteindre les objectifs de l’entreprise. Les grands leaders performants ne traitent pas le risque comme des menaces unidimensionnelles à éviter. Au contraire, ils comprennent l’avantage que présente ce type d’approche du risque.

Les leaders dotés de courage face au risque ne craignent pas le risque et excellent dans sa gestion. Mais ils veillent toujours à bien prendre en compte le préjudice qu’il pourrait causer à l’entreprise. Ainsi que l’a fait remarquer le président américain Teddy Roosevelt, « Le risque est comme un incendie : s’il est maîtrisé, il vous aidera, et s’il ne l’est pas, il se propagera et vous détruira. »

En matière d’audit interne, nous encourageons les entreprises à aborder le risque de façon holistique, à identifier les stratégies de risque et l’appétence au risque. Les plans d’audits sont conçus pour donner une assurance sur l’effort conduit par l’organisation pour réduire les plus grands risques perçus. Mais sans un solide leadership en matière de risques, ces outils et techniques peuvent procurer une fausse sensation de sécurité.

Dans l’environnement actuel de l’entreprise, on ne peut pas blâmer les dirigeants et les membres du conseil d’administration de devenir plus rétifs au risque, notamment au vu de la liste croissante de problèmes et de responsabilités qu’ils doivent assumer. Mais cet évitement des risques peut devenir un risque en soi.

Les grands leaders comprennent et respectent le risque, et ils ont également le courage et les connaissances pour l’utiliser à leur avantage.

Je terminerai par une citation de Nora Denzel, membre du conseil d’administration d'Ericsson et AMD : « Si vous ne prenez pas de risques, vous travaillerez toujours pour quelqu’un qui en prend. »

Comme toujours, je suis impatient de recevoir vos commentaires.

Richard Chambers  

Information:

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l’IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog un article traitant de sujets d’actualité liés à l’audit interne.