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La transparence dans l'entreprise devrait mettre en lumière l'audit interne

Les données d'un récent rapport publié par nos collègues du Center for Audit Quality (CAQ) sont encourageantes. Elles révèlent en effet que les sociétés cotées partagent plus d'informations sur la manière dont leurs comités d'audit interagissent avec les auditeurs externes.

Un des constats les plus révélateurs du Baromètre de la transparence des comités d'audit (Audit Committee Transparency Barometer) est l'augmentation surprenante du nombre d'organisations disposées à fournir des précisions sur la façon dont leurs comités d'audit évaluent les travaux des auditeurs externes. Selon le rapport du CAQ, le nombre de sociétés du S&P 500 communiquant sur les critères d'évaluation est passé de 8% en 2014 à 38% en 2017.

Ce n'est pas le seul rapport à montrer cette évolution vers une plus grande transparence :

  • Le Center for Board Effectiveness de Deloitte a passé au crible les informations communiquées aux actionnaires des sociétés du S&P 100 et constaté que les communications sur trois sujets principaux, à savoir le nombre d'experts financiers dans le comité d'audit, le rôle du comité d'audit dans l'examen de certaines communications externes ainsi que dans l'approbation des frais de mission, ont augmenté de plus de 10% en 2016.
  • Le Center for Board Matters d'Ernst and Young a signalé dans son rapport Audit Committee Reporting to Shareholder in 2017 que le nombre d'entreprises du classement Fortune 100 désignant le comité d'audit comme responsable de la nomination, des honoraires et de la supervision de l'auditeur externe est passé de 45 % en 2012 à 87 % en 2017.

L'intérêt des actionnaires pour une plus grande transparence ne se limite pas aux relations du comité d'audit avec les auditeurs externes. La semaine dernière, l'Agenda Week du Financial Time a révélé que les conseils d'administration sont de plus en plus incités à communiquer sur le climat. D'après le site web ProxyMonitor.org, financé par le Manhattan Institute's Center for Legal Policy, parmi les sociétés du Fortune 250, 27% des actionnaires sont favorables aux propositions environnementales, contre 17% en 2015.

Une transparence accrue ne peut que renforcer la gouvernance dans les organisations. Toutefois, il y a un sujet évident sur lequel les entreprises ne communiquent pas. Quel rôle joue l'audit interne dans les entreprises cotées ? Y a-t-il une fonction d'audit interne ? Est-elle indépendante et dispose-t-elle de suffisamment de ressources ? Fournit-elle au management et au conseil d'administration une assurance sur l'efficacité des dispositifs de management des risques et de contrôle interne ? Fait-elle partie intégrante de la gouvernance de l'entreprise ?

La promotion d'une bonne gouvernance était l'une des « 5 résolutions à prendre par les auditeurs internes en 2017 pour préparer l'avenir ». Dans cet article publié en janvier, j'ai écrit que, « au bout du compte, ce sont les pratiques de bonne gouvernance qui font qu'une entreprise périclite ou réussit. Disposer d'une évaluation indépendante et objective de l'efficacité de ces pratiques est essentiel pour réussir. »

J'ai également écrit que l'une des fonctions fondamentales de l'audit interne dans l'organisation consiste à évaluer ses processus de management des risques, de contrôle et de gouvernance et à faire des propositions pour renforcer leur efficacité, particulièrement en matière de conformité aux lois et réglementations. Cette formulation spécifique provient de la Définition de l'audit interne contenue dans le Cadre de référence interne des pratiques professionnelles (CRIPP). Ce qui n'y est pas stipulé, et qu'il faut cependant comprendre, c'est que les auditeurs internes doivent aussi défendre les processus opérationnels essentiels à une mise en conformité efficace.

Alors pourquoi les actionnaires n'exigent-ils pas une plus grande transparence autour du rôle de l'audit interne au sein de l'organisation ? La réponse est simple : la plupart des actionnaires, ainsi que bon nombre de membres de comités d'audit et de conseils d'administration, ne comprennent pas ni ne reconnaissent la valeur ajoutée que l'audit interne apporte à l'organisation. L'IIA travaille à changer cela en communiquant dans le monde entier sur la valeur de l'audit interne, notamment grâce à sa Plate-forme mondiale de promotion de la profession (Global Advocacy Platform) et par sa collaboration avec les organismes qui s'adressent directement aux parties prenantes, comme la National Association of Corporate Directors et le Global Network of Director Institutes, entre autres.

Aux États-Unis, nous disposons d'une antenne permanente à Washington, D.C. Nous concentrons nos efforts sur la collaboration avec les législateurs de la Securities and Exchange Commission pour créer de nouvelles réglementations exigeant la transparence au niveau du management des risques et de l'audit interne. L'IIA souhaite que les entreprises cotées en bourse :

  • indiquent si elles disposent d'une fonction d'audit interne indépendante et communiquent les détails nécessaires à la vérification du caractère indépendant de cette dernière ; ou
  • décrivent, si une fonction d'audit interne indépendante n'est pas en place dans l'organisation, comment leur direction générale et leur conseil d'administration obtiennent une assurance concernant l'efficacité globale des dispositifs de management des risques et de contrôle interne.

Dans le contexte actuel de dérégulation à Washington, D.C., créer de nouvelles réglementations peut sembler difficile. Cependant, nous avons le soutien des législateurs qui estiment que de bonnes pratiques de gouvernance sont bénéfiques pour les organisations et favorisent la confiance dans les marchés de capitaux.

Cette tendance vers une plus grande transparence est positive. Les actionnaires ont le droit de savoir si les entreprises dans lesquelles ils placent leur confiance et leur argent sont bien gérées. Le reporting, qu'il soit réglementaire ou décidé par les actionnaires, donne des informations utiles sur la gouvernance de l'organisation et, à ce titre, il est un outil puissant qui contribue à renforcer le devoir de rendre compte. Je crois que ce n'est qu'une question de temps avant que le reporting sur l'audit interne ne le devienne également.

Comme toujours, vos remarques sont les bienvenues.

 

Richard Chambers

Pour information

Richard F. Chambers, Président et directeur général de l'IIA (Institute of Internal Auditors) publie chaque semaine sur son blog InternalAuditor.org un article sur les enjeux et les tendances concernant la profession d'audit interne.